Hôpitaux universitaires, EMS et soins à domicile
Les cinq hôpitaux universitaires, dont les HUG à Genève, le CHUV à Lausanne et l'Hôpital de l'Île à Berne, côtoient des hôpitaux cantonaux, des cliniques privées, des établissements médico-sociaux et les services d'aide et de soins à domicile, très demandeurs de personnel.
Pénurie de personnel soignant et initiative sur les soins
Acceptée en novembre 2021, l'initiative populaire sur les soins infirmiers a conduit la Confédération et les cantons à financer la formation et à améliorer les conditions de travail. Les postes de infirmier en Suisse restent parmi les plus difficiles à pourvoir.
La Croix-Rouge suisse, porte d'entrée des soignants étrangers
Sur mandat de la Confédération, la Croix-Rouge suisse examine les diplômes étrangers d'infirmier, de physiothérapeute, d'ergothérapeute, de sage-femme ou d'ambulancier. Elle peut accorder la reconnaissance directe ou imposer des mesures de compensation comme un stage d'adaptation ou une épreuve d'aptitude.
MEBEKO pour les professions médicales universitaires
Les médecins, dentistes, pharmaciens, chiropraticiens et vétérinaires passent par la Commission des professions médicales, rattachée à l'Office fédéral de la santé publique. Un futur médecin en Suisse doit aussi être inscrit au registre MedReg et obtenir l'autorisation de pratiquer du canton.
Le registre NAREG et l'autorisation cantonale
Les professions de santé non universitaires sont enregistrées dans le registre national NAREG géré par la Croix-Rouge suisse. Toute activité exercée sous sa propre responsabilité professionnelle exige en plus une autorisation délivrée par le médecin cantonal ou le service de la santé publique du canton.
Physiothérapie, ergothérapie et métiers thérapeutiques
Ces professions se forment en Suisse dans les hautes écoles spécialisées, par exemple à la HES-SO de Genève ou de Lausanne. Le titre de physiothérapeute en Suisse obtenu à l'étranger suit la procédure de la Croix-Rouge suisse, puis l'inscription dans NAREG.
Assistant en soins et santé communautaire, aide-soignant
Le CFC d'assistant en soins et santé communautaire, très répandu en Suisse romande, se situe entre l'auxiliaire et l'infirmier. Les EMS vaudois et fribourgeois recrutent aussi des aides-soignants en Suisse titulaires de l'attestation d'auxiliaire de santé de la Croix-Rouge.
Langues exigées selon la région sanitaire
La reconnaissance d'un titre de santé suppose de prouver ses connaissances dans une langue nationale. Un soignant francophone trouvera facilement un poste en Valais romand, à Neuchâtel ou à Genève, mais l'Hôpital de l'Île ou les cliniques zurichoises exigent un allemand professionnel.
Conventions collectives et grilles salariales publiques
Dans les hôpitaux publics, les salaires suivent des grilles cantonales fondées sur la fonction et les années d'expérience. Le canton de Vaud applique une convention collective pour le secteur sanitaire parapublic, tandis que Genève rémunère les soignants des HUG selon l'échelle de l'État.
Travail de nuit, gardes et piquets
Les équipes hospitalières travaillent en trois-huit, avec des week-ends et des services de piquet. La loi sur le travail et les règlements cantonaux prévoient des compensations en temps ou en argent pour la nuit, à vérifier dans le contrat ou la convention applicable.
Frontaliers dans les hôpitaux genevois et bâlois
Une part importante du personnel soignant genevois réside en France voisine avec un permis G. Les hôpitaux de Bâle emploient aussi de nombreux soignants venus d'Alsace et du Bade-Wurtemberg, ce qui rend la reconnaissance préalable du diplôme indispensable dès la candidature.
Soignants hors Union européenne : la voie étroite
Les ressortissants d'États tiers relèvent des contingents fédéraux et doivent être hautement qualifiés. Une infirmière diplômée hors UE doit cumuler reconnaissance, langue et employeur prêt à démontrer l'absence de candidat suisse ou européen, une démarche à vérifier auprès de l'office cantonal.
Exercer un métier de santé en Suisse
- Identifier l'autorité compétente : Croix-Rouge suisse pour les soins et thérapies, MEBEKO pour les professions médicales universitaires.
- Déposer le dossier de reconnaissance avec diplômes, programmes de formation, attestation de conformité et preuve de langue avant de postuler.
- Effectuer si nécessaire le stage d'adaptation ou l'épreuve d'aptitude demandé pour compenser les différences de formation.
- Obtenir l'inscription dans NAREG ou MedReg, puis l'autorisation cantonale de pratiquer si l'activité est indépendante ou responsable.
- Rédiger un CV suisse détaillant services, spécialités, taux d'activité et références de cadres infirmiers ou médecins chefs.
- Demander le permis L, B ou G via l'employeur une fois le contrat signé, puis s'affilier à la LAMal.
Salaires et frais pour les professions de santé
| Poste | Montant ou repère | Ce qui fait varier |
|---|---|---|
| Salaire dans un hôpital public | Grille cantonale, indicatif | Fonction, classe salariale, années d'expérience, canton |
| Indemnités de nuit et de week-end | Variable | Règlement de l'établissement ou convention collective |
| Reconnaissance du diplôme | Émolument selon barème officiel | Croix-Rouge suisse ou MEBEKO, frais de mesures de compensation en sus |
| Cours de langue pour la reconnaissance | Variable | Niveau visé, intensité du cours, institut choisi |
| Déductions sociales salarié | 5,3 % AVS/AI/APG et 1,1 % AC | Plus LPP selon caisse de pension de l'hôpital |
| Assurance maladie LAMal | Prime variable | Canton de domicile, franchise, modèle d'assurance |
Dossier de candidature d'un soignant
- Décision de reconnaissance de la Croix-Rouge suisse ou de la MEBEKO
- Diplômes, relevés de notes et programme détaillé de formation
- Attestation de conformité ou de bonne conduite professionnelle du pays d'origine
- Certificats de travail précisant services et taux d'activité
- Preuve de connaissances linguistiques dans une langue nationale
- Extrait du casier judiciaire, parfois spécial pour le travail avec personnes vulnérables
- Certificat de vaccination demandé par certains hôpitaux
- Passeport et, le cas échéant, permis de séjour
Erreurs qui bloquent l'embauche en santé
- Postuler dans les hôpitaux sans avoir lancé la procédure de reconnaissance, alors que les services RH écartent les candidatures sans décision ou dossier en cours.
- Sous-estimer le délai de la Croix-Rouge suisse ou de la MEBEKO et démissionner dans son pays avant d'avoir une décision.
- Viser Berne ou Zurich avec un allemand scolaire, insuffisant pour les transmissions, les dossiers patients et les échanges avec les familles.
- Accepter un poste d'auxiliaire non déclaré auprès d'un particulier, sans permis ni assurance, en pensant régulariser ensuite.
- Payer une agence étrangère qui promet un placement garanti en Suisse moyennant des frais d'inscription élevés.
Vos questions sur les métiers de la santé
Un diplôme d'infirmier français est-il reconnu en Suisse ?
Il bénéficie de la reconnaissance prévue par l'accord sur la libre circulation des personnes, mais la procédure auprès de la Croix-Rouge suisse reste obligatoire. Elle vérifie le diplôme, la conformité et les connaissances linguistiques avant l'inscription dans NAREG.
Peut-on commencer à travailler pendant la procédure de reconnaissance ?
Certains établissements engagent un soignant à une fonction inférieure ou sous supervision en attendant la décision. Les conditions dépendent du canton et de l'employeur, il faut donc les vérifier auprès du service de la santé publique ou du service RH concerné.
Quelle différence entre assistant en soins et infirmier en Suisse ?
L'assistant en soins et santé communautaire détient un CFC obtenu en apprentissage et travaille sous la responsabilité d'un infirmier. L'infirmier est formé en école supérieure ou en haute école spécialisée et assume l'évaluation clinique et la planification des soins.
Les médecins étrangers doivent-ils passer un examen fédéral ?
Les diplômes de l'Union européenne sont en principe reconnus par la MEBEKO selon la directive européenne. Les diplômes d'États tiers ne sont pas reconnus directement et exigent généralement de réussir l'examen fédéral de médecine humaine avant toute activité autonome.