Un secteur partagé entre montagne, lacs et villes
Les Grisons, le Valais et l'Oberland bernois concentrent les stations alpines, tandis que Lucerne, Interlaken, Montreux et Genève vivent d'un tourisme de lacs, de congrès et de croisières. Les besoins en personnel diffèrent donc fortement d'une région à l'autre.
Offices du tourisme régionaux et organisations faîtières
Chaque destination possède son office du tourisme, financé en partie par la taxe de séjour, qui embauche conseillers d'accueil, chargés de marketing et coordinateurs d'événements. Au niveau national, Suisse Tourisme assure la promotion du pays à l'étranger avec ses propres équipes.
Remontées mécaniques et domaines skiables
Les sociétés de remontées mécaniques de Verbier, Zermatt, Laax ou Engelberg recrutent caissiers, patrouilleurs, dameurs et mécaniciens d'installations. Le travail en station de ski en Suisse commence souvent par une formation interne à la sécurité des télésièges.
Écoles de ski et professeurs de sports de neige
Les écoles de ski suisses engagent des moniteurs pour la saison d'hiver, de Noël à Pâques. Le brevet fédéral de professeur de sports de neige, préparé avec Swiss Snowsports, ouvre les postes les mieux rémunérés et la direction d'une école.
Guides touristiques et guides de montagne
Accompagner des groupes à Lucerne, Berne ou Genève exige plusieurs langues et une bonne culture régionale, comme le décrit la fiche devenir guide touristique en Suisse. Le guide de montagne relève d'un autre métier, sanctionné par un brevet fédéral exigeant.
Agences de voyages et tour-opérateurs
Les agences de Zurich, Bâle, Lausanne ou Genève vendent des voyages aux résidents suisses, tandis que des réceptifs organisent les séjours des visiteurs étrangers. Le CFC d'employé de commerce dans la branche voyages reste la porte d'entrée classique de ces métiers.
Festivals, congrès et événementiel
Le Montreux Jazz Festival, le Paléo à Nyon, les salons de Bâle et les congrès internationaux de Genève mobilisent chaque année techniciens, hôtesses, chargés de billetterie et coordinateurs logistiques, souvent en contrats temporaires de quelques jours à quelques semaines.
Hébergement et restauration autour des sites touristiques
Une grande partie des postes touristiques reste liée à l'hébergement et aux repas des visiteurs. Les réceptionnistes et gouvernantes relèvent du secteur de l'hôtellerie en Suisse, et les restaurants d'altitude du domaine de la gastronomie, sous la même convention collective.
Restaurants d'altitude et buvettes de pistes
Les restaurants d'altitude exploités par les remontées mécaniques ou par des privés emploient cuisiniers, serveurs et plongeurs logés en station. Les offres sont regroupées avec celles du secteur de la gastronomie suisse, où la CCNT fixe les salaires minimaux.
Contrats saisonniers et calendrier des embauches
Les stations recrutent de septembre à novembre pour l'hiver et de mars à mai pour l'été. Les contrats durent quatre à six mois, logement parfois fourni, et les ressortissants de l'UE annoncent un séjour court par la procédure en ligne.
Langues attendues selon la destination
Un employé d'office du tourisme à Saas-Fee parle allemand, anglais et souvent français ; à Lugano ou Ascona, l'italien domine. Les guides et agents d'accueil gagnent des points avec le chinois, l'arabe ou le russe, langues d'une clientèle importante.
Formations supérieures en tourisme
La HES-SO Valais-Wallis à Sierre propose un bachelor en tourisme, et l'École suisse de tourisme, également à Sierre, un diplôme ES. Ces cursus en alternance avec des stages débouchent sur des postes de chef de produit ou de directeur d'office du tourisme.
Décrocher un premier poste dans une destination touristique suisse
- Choisir la région selon la langue maîtrisée : Valais romand et Alpes vaudoises en français, Grisons et Oberland en allemand, Tessin en italien.
- Postuler dès septembre pour la saison d'hiver ou dès mars pour l'été, directement auprès des remontées mécaniques, écoles de ski et offices du tourisme.
- Rédiger un CV suisse avec photo, langues avec niveau précis, permis de conduire et expériences saisonnières antérieures, accompagné des certificats de travail.
- Vérifier le titre de séjour : annonce en ligne pour un ressortissant UE de moins de 90 jours, permis L ou B pour un contrat plus long.
- Préparer les brevets utiles au poste visé, par exemple formation Swiss Snowsports, premiers secours ou permis de cariste pour les dameurs et magasiniers.
- S'inscrire à la LAMal dans les trois mois suivant l'arrivée et confirmer avec l'employeur le logement, les repas et l'abonnement de ski éventuels.
Salaires minimaux et frais d'une saison dans le tourisme suisse
| Poste ou frais | Montant en CHF (indicatif) | Ce qui fait varier le montant |
|---|---|---|
| Employé sans formation en hôtel ou restaurant d'altitude (CCNT Ia) | 3 713 par mois brut | Minimum 2026 de la convention, treizième salaire inclus selon les règles CCNT |
| Employé avec CFC dans l'hôtellerie-restauration (CCNT IIIa) | 4 528 par mois brut | Ancienneté, fonction de cadre et canton de l'établissement |
| Salaire minimum cantonal à Genève | 24.59 par heure | S'applique hors CCT plus favorable, utile pour l'événementiel genevois |
| Salaire minimum au Tessin | 20.00 à 20.50 par heure | Selon le secteur, pour les métiers touristiques de Lugano et Locarno |
| Logement fourni par l'employeur en station | Retenue variable | Chambre partagée ou studio, déduction fixée dans le contrat |
| Assurance maladie LAMal | Prime mensuelle variable | Canton de résidence, franchise choisie et âge |
Dossier attendu par les employeurs touristiques
- CV au format suisse avec photo et niveau de chaque langue parlée
- Certificats de travail des saisons précédentes
- Passeport ou carte d'identité, permis de séjour pour les ressortissants hors UE
- Brevets spécifiques : Swiss Snowsports, guide de montagne, premiers secours
- Diplôme de tourisme ou CFC d'employé de commerce branche voyages
- Permis de conduire, souvent demandé pour les navettes et les dameuses
Faux pas fréquents des candidats au tourisme suisse
- Postuler en décembre pour la saison d'hiver, alors que les équipes des stations sont généralement complètes dès la fin octobre.
- Ignorer la langue de la station et envoyer un dossier en français à un domaine skiable des Grisons ou de l'Oberland bernois.
- Accepter un travail saisonnier sans annonce ni permis, en pensant qu'un contrat de quelques semaines n'est pas contrôlé.
- Ne pas vérifier les conditions de logement en station, où les loyers d'un studio à Verbier ou Zermatt dépassent souvent un salaire de base.
- Répondre à de fausses annonces de guide ou d'animateur qui exigent des frais de dossier ou de formation avant l'embauche.
Vos questions sur l'emploi dans le tourisme en Suisse
Un ressortissant hors UE peut-il faire une saison dans une station suisse ?
C'est difficile : il faut une qualification que l'employeur ne trouve pas en Suisse ni dans l'UE, et les contingents 2026 sont limités à 4 000 permis L et 4 500 permis B pour tous les secteurs. Les postes peu qualifiés des stations sont donc rarement accessibles.
Quelle convention fixe les salaires dans les restaurants d'altitude ?
La CCNT de l'hôtellerie-restauration s'applique aux établissements qui servent des repas et hébergent des clients, y compris en altitude. Elle prévoit en 2026 un minimum de 3 713 francs bruts mensuels sans formation et de 4 070 francs avec une AFP.
Faut-il un diplôme pour travailler dans un office du tourisme ?
Les postes d'accueil s'ouvrent avec un CFC d'employé de commerce et plusieurs langues. Pour le marketing ou la direction, les offices du tourisme privilégient le bachelor de la HES-SO Valais-Wallis ou le diplôme ES de l'École suisse de tourisme.
Le travail saisonnier ouvre-t-il droit au chômage en Suisse ?
Une personne domiciliée en Suisse qui a cotisé au moins douze mois dans les deux dernières années peut s'inscrire à l'ORP entre deux saisons. Les règles sont précises : il vaut mieux vérifier sa situation auprès de l'office cantonal de l'emploi.