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Travailler le samedi et le dimanche en Suisse : règles et secteurs

En Suisse, le samedi est un jour ouvrable ordinaire, alors que le dimanche, de samedi 23 h à dimanche 23 h, reste en principe chômé : y travailler exige une autorisation ou une exception légale, l'accord du salarié et une compensation.

Travailler le samedi et le dimanche en Suisse : règles et secteurs

Le samedi, un jour de travail comme un autre

La loi sur le travail ne prévoit aucun supplément pour le samedi. Dans le commerce de détail, à Zurich comme à Lausanne, le samedi est souvent la journée la plus chargée, et de nombreux contrats prévoient un roulement plutôt qu'une majoration.

Le dimanche légal commence le samedi soir

Pour la LTr, le dimanche couvre la période de samedi 23 h à dimanche 23 h. Une équipe qui débute à minuit dans un entrepôt de Bâle ou une imprimerie de journaux travaille donc déjà un dimanche, avec des règles distinctes du travail de nuit.

Supplément de 50 % pour le dimanche occasionnel

Lorsque le travail dominical est temporaire, la loi impose un supplément salarial de 50 %. Les inspections cantonales du travail, comme le service de l'emploi vaudois, rappellent que ce supplément s'ajoute au repos compensatoire et ne le remplace pas.

Repos compensatoire après un dimanche travaillé

Jusqu'à 4 heures de travail dominical, un temps libre équivalent doit être accordé dans les quatre semaines. Au-delà de 4 heures, le salarié a droit à un repos d'au moins 24 heures consécutives, placé sur un jour ouvrable la semaine précédente ou suivante.

Hôtels, restaurants et stations touristiques

L'hôtellerie-restauration bénéficie d'une exception et n'a pas besoin d'autorisation pour le dimanche. Le week-end y est souvent le cœur du planning, avec des postes détaillés dans notre rubrique emplois dans l'hôtellerie en Suisse, soumis à la CCT nationale de la branche.

Remontées mécaniques et saisons d'hiver

À Verbier, Zermatt ou Crans-Montana, les samedis et dimanches concentrent l'affluence. Un poste d'employé de station de ski en Suisse implique presque toujours de travailler chaque week-end de décembre à avril, avec des congés pris en semaine.

Ouvertures dominicales dans le commerce

Hors gares, aéroports et zones touristiques reconnues, les magasins ne peuvent ouvrir le dimanche que sur dérogation. Les cantons peuvent toutefois désigner jusqu'à quatre dimanches par an sans autorisation, souvent avant Noël, où un vendeur en Suisse peut être sollicité.

Jours fériés assimilés au dimanche

Le 1er août, fête nationale, est assimilé au dimanche dans toute la Suisse. Les cantons peuvent en désigner jusqu'à huit autres, ce qui explique les différences entre Fribourg catholique et Vaud protestant pour la Fête-Dieu ou le Lundi du Jeûne.

Jobs de week-end pour étudiants

Les étudiants des hautes écoles de Genève, Berne ou Zurich trouvent souvent des missions le samedi dans la vente, l'événementiel ou la restauration rapide. Les conditions et limites horaires sont développées dans notre dossier travail étudiant en Suisse.

Hôpitaux, EMS et services publics

Les soins, la police, les transports publics CFF et les services d'urgence fonctionnent sept jours sur sept. Les CCT ou règlements cantonaux du personnel y prévoient des indemnités de week-end forfaitaires, souvent exprimées en francs par heure plutôt qu'en pourcentage.

Dimanches libres garantis par la loi

Même dans les branches exemptées, l'ordonnance 2 relative à la loi sur le travail garantit un nombre minimal de dimanches de congé par an, variable selon le secteur. Le planning annuel remis par l'employeur doit permettre de le vérifier.

Accord du salarié et responsabilités familiales

Le travail dominical exige le consentement du travailleur. Un parent qui a des enfants de moins de 15 ans peut faire valoir ses obligations familiales, et l'office cantonal de l'emploi ou un syndicat comme Unia peut conseiller en cas de désaccord sur le planning.

Étapes pour trouver un emploi de week-end en Suisse

  1. Identifier les branches qui recrutent le week-end : hôtellerie, restauration, remontées mécaniques, commerce en gare, soins, événementiel et sécurité.
  2. Vérifier son autorisation de travail, permis B, L, G ou C, ou la limite d'heures applicable aux étudiants étrangers hors UE.
  3. Rédiger un CV au format suisse avec photo, disponibilités précises du samedi et du dimanche, langues parlées et références joignables.
  4. Joindre les certificats de travail et, pour l'hôtellerie, les attestations de formation ou de cours d'hygiène éventuels.
  5. Contrôler dans le contrat le nombre de dimanches prévus, le supplément de 50 % ou l'indemnité CCT, et le repos compensatoire.
  6. Conserver ses plannings et fiches de salaire pour prouver les dimanches travaillés en cas de litige devant le tribunal des prud'hommes.

Majorations et éléments de rémunération du week-end

SituationRègle ou montantRemarque
SamediAucun supplément légalUne CCT ou le contrat peut prévoir une indemnité
Dimanche temporaireSupplément salarial de 50 %Plus repos compensatoire obligatoire
Dimanche jusqu'à 4 heuresTemps libre équivalent dans les 4 semainesÀ placer sur un jour ouvrable
Dimanche de plus de 4 heuresRepos d'au moins 24 heures consécutivesSemaine précédente ou suivante
Salaire de baseIndicatif, selon CCT et cantonVarie selon branche, expérience et salaire minimum cantonal

Dossier de candidature pour un poste de week-end

  • CV au format suisse indiquant les week-ends disponibles
  • Lettre de motivation courte précisant la flexibilité horaire
  • Certificats de travail ou attestations de missions précédentes
  • Permis de séjour, permis G ou carte d'étudiant avec autorisation de travail
  • Extrait du casier judiciaire pour la sécurité ou l'accueil d'enfants
  • Attestation de cours de premiers secours ou d'hygiène pour la restauration
Faux pas fréquents dans les emplois de week-end
  • Accepter des dimanches réguliers sans aucun repos compensatoire, en pensant que le supplément payé suffit à respecter la loi sur le travail.
  • Confondre les règles du samedi et du dimanche, puis réclamer à tort une majoration légale pour le samedi au service des ressources humaines.
  • Postuler dans une station germanophone des Grisons sans mentionner son niveau d'allemand, critère décisif pour les postes au contact des clients.
  • Travailler le week-end au noir dans un restaurant, sans permis ni déclaration AVS, ce qui prive de couverture accident et de droits au chômage.
  • Payer des frais d'inscription à une prétendue agence promettant des jobs de week-end bien rémunérés, alors qu'une agence sérieuse se rémunère auprès de l'employeur.

Questions sur le travail du samedi et du dimanche

Le supplément de 50 % s'applique-t-il dans un restaurant ouvert le dimanche ?

Pas forcément. Dans les branches où le dimanche fait partie de l'activité normale, comme l'hôtellerie-restauration, le travail dominical est régulier et les compensations suivent surtout la CCT. Le salarié garde en revanche son droit au repos compensatoire et à un minimum de dimanches libres.

Un étudiant peut-il travailler uniquement le week-end en Suisse ?

Oui, de nombreux contrats à l'heure ne couvrent que le samedi et le dimanche. Un étudiant hors UE doit toutefois respecter la limite d'heures hebdomadaires fixée pendant le semestre et obtenir l'autorisation de l'office cantonal de la population avant de commencer.

Peut-on refuser de travailler le dimanche ?

Le travail dominical requiert l'accord du salarié. Dans une branche où le dimanche est usuel et prévu au contrat, un refus systématique peut toutefois poser problème. Les conditions exactes doivent être vérifiées dans le contrat, la CCT et auprès de l'inspection cantonale du travail.

Les frontaliers ont-ils les mêmes droits le week-end ?

Oui, un titulaire du permis G employé en Suisse bénéficie des mêmes règles de la loi sur le travail que ses collègues résidents. C'est le droit suisse qui s'applique au supplément de 50 %, au repos compensatoire et aux jours fériés du canton de travail.