Un contrat à trois acteurs régi par la LSE
La loi fédérale sur le service de l’emploi et la location de services (LSE) encadre le travail temporaire. L’agence signe un contrat-cadre puis un contrat de mission avec vous, tandis que l’entreprise cliente dirige votre travail au quotidien sur le chantier ou au bureau.
Vérifier l’autorisation cantonale de l’agence
Toute agence qui loue du personnel doit détenir une autorisation de l’office cantonal de l’emploi, et une autorisation fédérale du SECO pour les placements transfrontaliers. Demandez son numéro d’autorisation et méfiez-vous des structures sans adresse en Suisse ni inscription au registre du commerce.
La CCT Location de services, socle commun
Valable de 2024 à 2027, la CCT Location de services fixe salaires minimaux, vacances, délais de congé et assurance perte de gain. Si l’entreprise cliente relève d’une CCT étendue, comme la construction ou l’hôtellerie, ses salaires et horaires s’appliquent.
Salaires minimaux par zone et qualification
En 2025, un non-qualifié touche au minimum environ CHF 20.99 de l’heure en zone de base et 22.14 dans l’Arc lémanique, un qualifié 25.57 et 27.30. Genève et Neuchâtel, dotés d’un salaire minimum légal, peuvent imposer davantage.
Indemnités de vacances et treizième salaire
Payé à l’heure, l’intérimaire reçoit en plus du taux de base 8,33 % d’indemnité de vacances, ou 10,64 % avant 20 ans et dès 50 ans, plus une part de treizième salaire et de jours fériés détaillée sur la fiche.
Délais de congé très courts en début de mission
Pendant la période d’essai et les trois premiers mois, chaque partie peut résilier avec deux jours ouvrables de préavis ; du quatrième au sixième mois, sept jours ouvrables ; ensuite un mois. Cette souplesse convient aux renforts saisonniers des usines vaudoises, des entrepôts et des chantiers genevois.
Prévoyance professionnelle et assurance maladie
Outre l’AVS/AI/APG et l’assurance chômage, la CCT prévoit une assurance perte de gain couvrant 80 % du salaire après deux jours d’attente. L’affiliation LPP dépend de la durée de mission et du salaire : vérifiez la caisse de pension sur votre décompte.
Quels secteurs recrutent par agence
Bâtiment, logistique, industrie horlogère du Jura, hôpitaux et EMS, banques zurichoises et genevoises pour les remplacements administratifs : la majorité des missions concerne des postes temporaires dans les métiers manuels et de bureau, souvent avec possibilité d’embauche fixe par le client après quelques mois.
Permis de travail et intérim pour étrangers
Les ressortissants UE/AELE travaillent en intérim avec un permis L, B ou G, et les frontaliers sont nombreux à Genève et Bâle. Pour les ressortissants d’États tiers, la location de services reste fortement restreinte : consultez la page sur les permis de travail en Suisse.
Intérim et indemnités de chômage
Une mission temporaire acceptée pendant le chômage peut donner droit à un gain intermédiaire versé par la caisse. Annoncez chaque contrat à votre conseiller ORP ; l’agence remplit une attestation de gain intermédiaire pour chaque mois travaillé, comme expliqué sur notre page chômage et recherche d’emploi.
Frontaliers placés par une agence suisse
Un résident d’Annecy, Mulhouse ou Côme employé par une agence suisse obtient un permis G demandé par l’agence. La location de services depuis l’étranger vers la Suisse étant interdite, l’employeur doit être une agence établie en Suisse ; la fiscalité dépend du canton.
Contribution professionnelle et formation continue
Une retenue de 0,7 % sur le salaire alimente le fonds paritaire de la branche, qui finance notamment des cours de formation continue pour intérimaires, par exemple permis cariste, certificats en bureautique ou cours de langue, à demander auprès du fonds temptraining.
Démarrer une première mission temporaire
- Comparer plusieurs agences autorisées dans votre canton et vérifier leur numéro d’autorisation LSE ainsi que leur spécialité, bâtiment, industrie, santé ou bureau.
- S’inscrire en agence avec un CV suisse comportant photo, langues avec niveau et références joignables, puis passer l’entretien et parfois des tests pratiques.
- Fournir permis de travail ou passeport, numéro AVS si vous en avez un, coordonnées bancaires en CHF et, pour certaines missions, extrait du casier judiciaire.
- Lire le contrat-cadre et le contrat de mission : lieu, horaire, taux horaire de base, indemnités de vacances, jours fériés et treizième salaire.
- Remettre chaque semaine le rapport d’heures signé par le client et contrôler la fiche de salaire, notamment les déductions AVS, AC, LPP et impôt à la source.
- Demander un certificat de travail à la fin de chaque mission et le garder pour vos prochaines candidatures fixes.
Rémunération temporaire et retenues à connaître
| Élément | Montant ou règle | Remarque |
|---|---|---|
| Salaire minimum non qualifié | CHF 20.99 à 22.14 de l’heure (2025) | Indicatif, selon zone ; CCT de branche prioritaire |
| Salaire minimum qualifié | CHF 25.57 à 27.30 de l’heure (2025) | Indicatif, CFC ou formation équivalente |
| Indemnité de vacances | 8,33 % ou 10,64 % | Selon l’âge, versée avec le salaire horaire |
| Contribution professionnelle | 0,7 % du salaire | Finance formation et application de la CCT |
| Assurance perte de gain maladie | 80 % du salaire après 2 jours | Durée de couverture variable selon statut |
| Assurance maladie LAMal | Prime individuelle mensuelle | À votre charge, variable selon canton et franchise |
Dossier à remettre à l’agence
- CV au format suisse avec photo et langues
- Certificats de travail des employeurs précédents
- Diplômes, CFC ou attestations de formation
- Permis L, B, C ou G, ou passeport UE/AELE
- Carte AVS ou numéro d’assuré
- Permis cariste, permis de conduire ou certificats spécifiques
- Extrait du casier judiciaire si le client l’exige
Faux pas fréquents des intérimaires
- Accepter un taux horaire global sans détail : sans ventilation des vacances, jours fériés et treizième salaire, il devient impossible de vérifier le respect du minimum conventionnel.
- Oublier de faire signer le rapport d’heures hebdomadaire par le responsable chez le client, ce qui retarde le salaire et complique les litiges sur les heures supplémentaires.
- Ne pas annoncer une mission temporaire à l’ORP pendant le chômage, alors que le gain intermédiaire doit être déclaré chaque mois à la caisse.
- Commencer une mission avant l’octroi du permis ou de l’autorisation de travail, au risque d’une amende et d’un refus lors d’une demande ultérieure.
- Payer des frais d’inscription à une prétendue agence : en location de services, l’entreprise paie l’agence et le candidat n’a jamais rien à verser.
Vos questions sur le travail temporaire
Une agence d’intérim peut-elle me demander de l’argent pour m’inscrire ?
Non. En location de services, l’agence est rémunérée par l’entreprise cliente. Une demande de frais d’inscription, de formation obligatoire payante ou de caution pour obtenir une mission est un signal d’alerte qu’il faut signaler à l’office cantonal de l’emploi.
Quel salaire s’applique si le client a sa propre CCT ?
Lorsque l’entreprise cliente est soumise à une CCT déclarée de force obligatoire, par exemple la CN du secteur principal de la construction ou la CCNT de l’hôtellerie-restauration, ses dispositions sur le salaire et la durée du travail priment sur la CCT Location de services.
Puis-je être embauché en fixe par l’entreprise cliente ?
Oui, c’est fréquent. Le contrat avec l’agence peut prévoir une indemnité due par le client s’il vous engage peu après la mission, mais cette clause ne peut pas vous empêcher d’accepter le poste ni vous coûter quoi que ce soit.
L’intérim compte-t-il pour ouvrir un droit au chômage ?
Oui. Les mois cotisés en mission comptent dans la période de cotisation de l’assurance chômage, à condition que les cotisations AC aient été prélevées. Gardez toutes vos fiches de salaire et les attestations de l’employeur remplies par l’agence.