Les règles pour les étudiants européens
Un étudiant de l'UE ou de l'AELE inscrit à l'Université de Genève ou à l'EPFL peut travailler dès son arrivée, sans délai d'attente. Le canton de Genève fixe toutefois quinze heures hebdomadaires en semestre et jusqu'à quarante pendant les vacances.
Six mois d'attente pour les États tiers
Un étudiant marocain, indien ou brésilien titulaire d'un permis B pour études doit patienter six mois après le début de sa formation. L'employeur dépose ensuite la demande auprès de l'office cantonal, avec l'attestation de l'école, puis attend l'accord.
Une haute école reconnue est exigée
Seules les inscriptions dans une haute école suisse accréditée, université, EPF ou HES, ouvrent ce droit au travail accessoire pour les ressortissants d'États tiers. Les élèves d'écoles privées de langue ou de commerce non accréditées n'y ont généralement pas accès.
Les jobs les plus courants
Service en brasserie, vente en grande surface, cours d'appui, garde d'enfants et inventaires de fin d'année dominent l'offre. Les postes de serveur en Suisse à Lausanne ou Fribourg conviennent bien aux horaires de soirée et de week-end compatibles avec les cours.
Assistanat à l'université
Les universités et l'EPFL engagent des étudiants comme moniteurs, assistants de laboratoire ou auxiliaires de bibliothèque. Ces postes respectent le calendrier académique, s'affichent sur les portails internes de l'emploi et valent souvent davantage sur un CV qu'un job de vente.
Festivals, stations et vacances d'été
Le Paléo Festival de Nyon, le Montreux Jazz Festival et les stations valaisannes recrutent massivement pendant les pauses académiques. Ces emplois saisonniers suisses permettent de travailler à plein temps l'été, sans dépasser le cadre fixé par le permis d'études.
Salaire minimum et rémunération horaire
Les étudiants bénéficient des salaires minimaux cantonaux, notamment 24,59 francs de l'heure à Genève en 2026, et des minimums des CCT de branche, comme celle de l'hôtellerie-restauration. Ailleurs, le tarif dépend du secteur, de la ville et de l'expérience.
Cotisations retenues sur la paie
Même un job de quelques heures entraîne en principe des retenues AVS/AI/APG et assurance chômage, ainsi qu'une assurance accidents prise par l'employeur. La caisse de compensation cantonale peut renseigner sur l'exemption des très petits revenus, à demander par l'étudiant.
Stage obligatoire ou job alimentaire
Un stage prévu par le cursus d'une HES de Suisse occidentale suit d'autres règles qu'un job d'appoint, car il fait partie du plan d'études. La rubrique consacrée aux stages professionnels en Suisse détaille les conventions et indemnités usuelles.
Préserver la réussite des études
Les offices cantonaux peuvent refuser de prolonger un permis d'études si le travail rallonge exagérément la formation. Un étudiant zurichois qui échoue plusieurs examens parce qu'il travaille trop met donc en jeu son séjour, pas seulement ses notes.
Rester en Suisse après le diplôme
Un diplômé d'une haute école suisse ressortissant d'un État tiers peut obtenir un séjour de six mois pour chercher un emploi correspondant à sa formation. Un emploi trouvé ensuite doit présenter un intérêt scientifique ou économique prépondérant pour être autorisé.
Budget étudiant et coût de la vie
Un salaire à quinze heures par semaine couvre rarement seul le loyer d'une chambre à Zurich ou à Genève et la prime LAMal. Les permis d'études exigent d'ailleurs de prouver des moyens financiers suffisants avant l'arrivée, indépendamment de tout revenu futur.
Trouver un job compatible avec ses études
- Vérifier son statut : européen sans délai d'attente, ou ressortissant d'un État tiers devant attendre six mois après le début des études.
- Consulter les bourses d'emploi des universités, de l'EPFL et des HES, puis les annonces de la restauration, du commerce et des festivals.
- Préparer un CV suisse court avec photo, horaires disponibles, langues parlées et éventuels certificats de travail de jobs antérieurs.
- Hors UE, faire remplir et signer le formulaire par l'employeur et joindre l'attestation de la haute école pour l'office cantonal.
- Attendre l'autorisation écrite avant le premier jour, puis vérifier sur la fiche de salaire le taux horaire et les retenues sociales.
- Tenir un relevé des heures pour ne pas dépasser quinze heures par semaine pendant le semestre.
Revenus étudiants et dépenses à prévoir
| Poste | Repère | Ce qui fait varier |
|---|---|---|
| Salaire minimum à Genève | 24,59 CHF brut de l'heure en 2026 (indicatif) | Neuchâtel, Jura, Tessin et Bâle-Ville ont leur propre plancher |
| Heures autorisées | 15 h par semaine en semestre, plein temps en vacances | Statut UE ou État tiers, canton, calendrier académique |
| Retenues sur salaire | AVS/AI/APG et chômage selon le revenu | Exemption possible des très petits salaires sur demande |
| Assurance maladie | Prime LAMal mensuelle ou dispense | Canton, âge, carte européenne ou assurance étudiante reconnue |
| Logement | Chambre en résidence ou colocation | Ville universitaire : Zurich et Genève plus chères que Fribourg ou Neuchâtel |
Ce que l'employeur et l'office cantonal demandent
- Pièce d'identité et permis B ou L pour études
- Attestation d'immatriculation ou confirmation de la haute école
- Formulaire de demande d'activité accessoire signé par l'employeur et l'étudiant
- CV au format suisse avec photo et horaires disponibles
- Numéro AVS et coordonnées bancaires suisses
- Extrait du casier judiciaire pour la garde d'enfants ou le soutien scolaire
Erreurs qui coûtent cher aux étudiants
- Commencer un job avant l'autorisation de l'office cantonal quand on vient d'un État tiers, ce qui peut compromettre le renouvellement du permis d'études.
- Accumuler plus de quinze heures par semaine pendant le semestre chez plusieurs employeurs, en pensant que chaque contrat est contrôlé séparément.
- Accepter un paiement en espèces sans déclaration, donc sans assurance accidents ni cotisations AVS, lors de services en restaurant ou de déménagements.
- S'inscrire dans une école privée non accréditée en comptant sur un job pour financer le séjour, alors que le droit au travail n'existe pas.
- Répondre à des annonces promettant des revenus élevés après versement d'un dépôt pour du matériel ou une formation préalable.
Job étudiant : questions fréquentes en Suisse
Un étudiant français peut-il travailler dès le premier mois à Lausanne ?
Oui. Un étudiant de l'UE n'a pas de délai d'attente et peut commencer dès son arrivée, dans la limite de quinze heures par semaine durant le semestre. L'employeur doit simplement s'assurer que le permis d'études est valable et déclarer le salaire.
Les vacances universitaires permettent-elles un plein temps ?
Oui, pendant les vacances officielles de la haute école, un étudiant peut travailler à plein temps, jusqu'à quarante heures selon les indications genevoises. Le calendrier académique publié par l'université sert de référence en cas de contrôle.
Le travail indépendant est-il permis aux étudiants étrangers ?
L'autorisation vise en principe une activité salariée accessoire. Un étudiant d'un État tiers qui souhaite exercer en indépendant, comme traducteur ou développeur freelance, doit se renseigner auprès de l'office cantonal de la population avant tout démarrage.
Un job étudiant compte-t-il pour le chômage ?
Les cotisations versées comptent dans la période de cotisation. Toutefois, une personne encore en formation n'est généralement pas considérée comme apte au placement ; l'ORP examine chaque situation, notamment à la fin des études.