Deux saisons principales et des intersaisons
La saison d’hiver court généralement de décembre à avril dans les stations du Valais, des Grisons et de l’Oberland bernois. L’été mobilise hôtels, terrasses, remontées mécaniques et campings de juin à septembre. Les recrutements débutent souvent plusieurs mois avant l’ouverture.
Les stations qui recrutent le plus
Zermatt, Verbier, Crans-Montana, Saas-Fee, Davos, Saint-Moritz, Grindelwald ou Gstaad emploient chaque hiver cuisiniers, serveurs, femmes de chambre, moniteurs et employés de remontées mécaniques. Les grands hôtels logent souvent leur personnel, un atout décisif face aux loyers locaux.
Récoltes, cueillettes et vendanges
L’agriculture embauche pour les fraises, les cerises, les pommes et les légumes, notamment en Thurgovie, en Valais et dans le Seeland. En septembre et octobre, les vendanges de Lavaux, du Valais ou de La Côte complètent le travail du viticulteur par des renforts temporaires.
Moins de trois mois : la procédure d’annonce
Un citoyen UE/AELE engagé pour 90 jours au plus par année civile n’obtient pas de permis : l’employeur l’annonce en ligne au plus tard la veille du début du travail. Au-delà, une autorisation de courte durée L est délivrée par le canton.
Le permis L pour une saison complète
Un contrat de quatre ou cinq mois en station donne droit, pour un ressortissant européen, à un permis L couvrant la durée de l’engagement, renouvelable la saison suivante. Les ressortissants d’États tiers non qualifiés n’ont en revanche aucune voie d’admission pour ces emplois.
Ce que prévoit la CCNT pour les saisonniers
Dans l’hôtellerie-restauration, la convention collective nationale fixe les salaires minimaux selon la formation, la durée hebdomadaire du travail, le treizième salaire et les jours de repos. Pour le personnel de l’hôtellerie suisse, elle s’applique aussi aux contrats de quelques mois.
Logement et repas retenus sur le salaire
Lorsque l’employeur fournit chambre et repas, il en déduit la valeur du salaire brut selon des montants encadrés par la CCNT ou les normes AVS. Contrôler ces retenues sur la fiche de paie évite les mauvaises surprises, surtout dans les stations où les chambres sont partagées.
La paie d’un saisonnier en Valais ou à Genève
Sans salaire minimum cantonal en Valais ou aux Grisons, la grille CCNT constitue la référence. À Genève, le minimum cantonal s’applique : la grille syndicale 2026 y indique environ 4 131 francs mensuels pour un collaborateur sans apprentissage dans l’hôtellerie-restauration.
Agriculture : des contrats-types cantonaux
Les ouvriers agricoles ne relèvent pas de la CCNT. Chaque canton édicte un contrat-type de travail agricole, avec des salaires minimaux ou indicatifs et des horaires souvent plus longs qu’en hôtellerie. Le Valais, Vaud ou Thurgovie publient leurs propres règles, à vérifier avant de signer.
Chômage entre deux saisons
Les saisonniers résidant en Suisse peuvent s’inscrire à l’ORP entre deux saisons s’ils ont cotisé au moins douze mois durant les deux années précédentes, plusieurs contrats courts pouvant s’additionner. Un frontalier au chômage complet dépend de son pays de résidence.
Les profils les plus demandés
Cuisiniers avec CFC ou expérience équivalente, réceptionnistes d’hôtel parlant anglais et allemand, serveurs, gouvernantes et plongeurs sont recherchés chaque saison. Les moniteurs doivent souvent détenir un brevet reconnu par Swiss Snowsports ou être formés par une école suisse de ski.
Revenir d’une saison à l’autre
Un saisonnier apprécié est souvent réengagé l’année suivante, parfois avec davantage de responsabilités. Demander un certificat de travail à la fin de chaque saison permet de constituer un dossier solide, utile pour viser ensuite un poste annuel dans un hôtel de Montreux ou de Lucerne.
Organiser une saison de travail en Suisse
- Postuler en général entre août et octobre pour l’hiver, entre février et avril pour l’été, directement auprès des hôtels et remontées mécaniques.
- Préparer un CV suisse avec photo, langues parlées, disponibilité exacte et références des saisons précédentes.
- Vérifier que le contrat écrit mentionne salaire brut, catégorie CCNT, horaires, jours de congé et retenues pour logement et repas.
- Faire effectuer par l’employeur la procédure d’annonce pour moins de trois mois ou la demande de permis L au-delà.
- S’affilier à la LAMal ou demander une exemption selon la durée du séjour et la couverture du pays d’origine.
- Réclamer en fin de saison le certificat de travail et le certificat de salaire pour la suite de son parcours.
Salaires saisonniers et retenues à prévoir (indicatif)
| Élément | Repère indicatif | Ce qui le fait varier |
|---|---|---|
| Hôtellerie-restauration sans apprentissage, Genève 2026 | Environ 4 131 CHF par mois | Minimum genevois, autres cantons plus bas |
| Collaborateur avec CFC, Genève 2026 | Environ 4 528 CHF par mois | Grille syndicale, formation et expérience |
| Vacances, jours fériés et 13e salaire | Environ 21 % en sus si payé à l’heure | Mode de rémunération horaire ou mensuel |
| Logement et repas fournis | Retenue sur le salaire brut | Montants encadrés par la CCNT |
| Assurance maladie | LAMal ou couverture étrangère | Durée du séjour et pays d’origine |
| Cotisations sociales | 5,3 % AVS/AI/APG et 1,1 % AC | Prélevées sur le salaire brut |
À fournir pour un emploi saisonnier
- Passeport ou carte d’identité d’un pays de l’UE ou de l’AELE
- CV avec photo et dates précises de début et de fin de disponibilité
- Certificats de travail des saisons ou emplois précédents
- CFC, diplôme hôtelier ou brevet de moniteur de ski selon le poste
- Coordonnées bancaires pour le versement du salaire
- Attestation d’assurance maladie ou carte européenne pour les séjours courts
Pièges des jobs saisonniers en Suisse
- Accepter une offre en station sans contrat écrit, puis découvrir sur la fiche de paie des retenues pour logement plus élevées que prévu.
- Postuler depuis un pays hors UE pour un poste de serveur ou de cueilleur, alors qu’aucun permis n’est délivré pour ces emplois non qualifiés.
- Payer une agence étrangère qui promet un emploi saisonnier garanti en Suisse : les employeurs sérieux ne demandent jamais de frais aux candidats.
- Quitter la station avant la fin du contrat sans respecter le préavis, ce qui peut entraîner une indemnité à verser et un certificat défavorable.
- Négliger l’allemand pour une saison à Zermatt, Davos ou Grindelwald, où clientèle et collègues l’utilisent au quotidien.
Saison en Suisse : questions courantes
Un étudiant français peut-il faire une saison d’été en Suisse ?
Oui. Comme citoyen européen, il peut travailler jusqu’à trois mois par année civile grâce à la procédure d’annonce effectuée par l’employeur. Pour une saison plus longue, un permis L est demandé. Dans l’hôtellerie-restauration, la rémunération suit la CCNT et, à Genève, le minimum cantonal.
Le logement est-il toujours fourni en station ?
Pas toujours. Beaucoup d’hôtels de montagne disposent de chambres pour le personnel, souvent partagées, mais les restaurants indépendants n’en ont pas forcément. Comme les loyers en station sont élevés en haute saison, mieux vaut obtenir une réponse écrite avant de signer le contrat.
Les ressortissants d’États tiers peuvent-ils obtenir un permis saisonnier ?
L’ancien statut de saisonnier a été supprimé en 2002 avec l’entrée en vigueur de la libre circulation. Aujourd’hui, un ressortissant d’État tiers n’est admis que comme personne qualifiée, dans les contingents. Les emplois de serveur, plongeur ou cueilleur ne remplissent pas ces conditions.
Peut-on enchaîner une saison d’hiver et une saison d’été ?
Oui, c’est fréquent : beaucoup de saisonniers enchaînent une station valaisanne en hiver et un hôtel au bord du Léman ou d’un lac tessinois en été. Pour un citoyen européen, chaque contrat suit sa propre procédure d’annonce ou de permis L, selon sa durée.