Banques privées genevoises et grandes banques zurichoises
Genève concentre des banques privées comme Pictet ou Lombard Odier, Zurich les grandes banques universelles et de nombreuses banques étrangères. Leurs départements compliance recrutent des analystes KYC, des spécialistes en lutte anti-blanchiment et des conseillers réglementaires pour les équipes de gestion de fortune.
La loi sur le blanchiment d'argent au quotidien
La LBA impose aux intermédiaires financiers d'identifier le cocontractant et l'ayant droit économique, de clarifier les transactions inhabituelles et de conserver les documents. L'ordonnance de la FINMA sur le blanchiment précise ces obligations pour les établissements qu'elle surveille.
Communications au MROS
En cas de soupçon fondé, l'intermédiaire financier transmet une communication au Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent, rattaché à fedpol à Berne. Le compliance officer prépare ce dossier, documente l'analyse et gère ensuite la relation avec le client concerné.
La CDB 20 et l'autorégulation bancaire
Les banques appliquent la Convention relative à l'obligation de diligence des banques, dans sa version CDB 20 entrée en vigueur le 1er janvier 2020. Une commission de surveillance peut infliger des peines conventionnelles allant jusqu'à dix millions de francs.
Sanctions internationales et ordonnances du SECO
Les mesures d'embargo adoptées par la Suisse sont publiées sous forme d'ordonnances et gérées par le SECO. Le compliance officer filtre clients et paiements, gèle les avoirs concernés et déclare ces situations, une tâche devenue centrale chez les négociants en matières premières genevois et zougois.
Gestionnaires de fortune et organismes de surveillance
Depuis l'entrée en vigueur de la loi sur les établissements financiers, les gestionnaires de fortune indépendants doivent obtenir une autorisation de la FINMA et sont suivis par un organisme de surveillance. Ces petites structures genevoises et luganaises cherchent des responsables compliance polyvalents.
Juristes, économistes et anciens auditeurs
Les profils viennent souvent du droit, avec un master et parfois le brevet d'avocat, de l'économie ou de l'audit. Un passage chez un auditeur en Suisse des grands cabinets prépare bien aux contrôles et aux rapports exigés par la FINMA.
Certifications et CAS en compliance
Plusieurs universités et hautes écoles suisses proposent des CAS en compliance ou en lutte contre la criminalité économique, suivis en cours d'emploi. La certification internationale CAMS de l'ACAMS est également citée dans les annonces des banques zurichoises et genevoises.
Français, anglais et allemand selon la place financière
À Genève, la compliance fonctionne en français et en anglais, parfois avec l'italien ou l'espagnol pour la clientèle étrangère. À Zurich, l'allemand est attendu pour les échanges internes, tandis qu'à Lugano l'italien reste indispensable face aux clients tessinois et lombards.
Conformité, risques et contrôle interne
La compliance travaille avec la gestion des risques et l'audit interne selon le modèle des trois lignes de défense. Certains évoluent vers un poste de risk manager en Suisse ou de juriste d'entreprise dans une assurance lausannoise.
Rémunération selon l'établissement et la séniorité
Un analyste KYC junior et un chief compliance officer ne relèvent évidemment pas de la même grille. La place financière, la taille de la banque et la langue influencent le salaire ; Salarium de l'OFS et les enquêtes de branche fournissent des repères indicatifs.
Frontaliers et candidats d'États tiers
Beaucoup d'analystes compliance genevois vivent en Haute-Savoie ou dans l'Ain avec un permis G. Un ressortissant d'État tiers peut obtenir un permis contingenté s'il apporte une expertise rare, par exemple sur une juridiction ou des sanctions spécifiques, l'employeur menant la démarche.
Le chemin vers un poste en compliance
- Obtenir un master en droit, en économie ou en finance, ou faire valoir une expérience solide en audit ou en opérations bancaires.
- Commencer par un poste d'analyste KYC ou d'onboarding dans une banque, un gestionnaire de fortune ou une fiduciaire supervisée.
- Se former à la LBA, à la CDB et aux sanctions par un CAS en compliance ou la certification CAMS.
- Préparer un CV suisse avec photo, juridictions suivies, types de clientèle et outils de filtrage, accompagné des certificats de travail.
- Fournir extraits du casier judiciaire et du registre des poursuites, documents que la plupart des banques suisses demandent avant l'embauche.
- Laisser l'employeur obtenir le permis L, B ou G, ou contingenté pour un État tiers, auprès de l'office cantonal compétent.
Salaires en compliance et coûts annexes
| Élément | Repère | Ce qui fait varier |
|---|---|---|
| Salaire brut d'analyste KYC ou compliance | Indicatif, voir Salarium OFS | Genève, Zurich ou Lugano, taille de la banque, langues |
| Salaire de chief compliance officer | Indicatif, négocié | Établissement, périmètre réglementaire, bonus |
| CAS en compliance | Frais d'inscription, indicatif | Haute école, durée, prise en charge par l'employeur |
| Certification CAMS | Frais d'examen et d'adhésion ACAMS | Statut de membre, renouvellement de la certification |
| Extraits casier et poursuites | Émoluments modestes, indicatif | Office fédéral et office des poursuites du domicile |
| Assurance maladie LAMal | Prime mensuelle | Canton, franchise ; frontaliers avec droit d'option |
Pièces demandées par les banques et assurances
- CV avec photo et lettre de motivation
- Certificats de travail complets de chaque employeur
- Diplômes universitaires et, le cas échéant, brevet d'avocat
- Certificat CAMS ou attestation de CAS en compliance
- Extrait du casier judiciaire et extrait du registre des poursuites
- Certificats de langue en anglais, allemand ou italien
- Permis de séjour, de frontalier ou passeport
Ce qui fait échouer une candidature compliance
- Présenter une expérience de conformité acquise à l'étranger sans montrer que vous connaissez la LBA, la CDB 20 et l'ordonnance de la FINMA sur le blanchiment.
- Omettre l'extrait du registre des poursuites ou minimiser des dettes, ce qui inquiète un employeur pour un poste exposé aux conflits d'intérêts.
- Cibler Zurich sans allemand ou Lugano sans italien, alors que les échanges avec les équipes et les clients se déroulent dans ces langues.
- Laisser des trous inexpliqués dans le parcours, alors que les banques vérifient références et certificats de travail de manière approfondie.
- Accepter de recevoir des fonds sur votre compte pour un prétendu employeur suisse, un schéma classique de mule financière.
Questions fréquentes des futurs compliance officers
Faut-il être juriste pour travailler en compliance en Suisse ?
Non, même si les juristes sont nombreux. Les banques recrutent aussi des économistes, d'anciens auditeurs et des employés de banque formés en interne. Pour les postes de conseil réglementaire, un master en droit suisse reste toutefois un net avantage.
Quelle différence entre analyste KYC et compliance officer ?
L'analyste KYC constitue et contrôle les dossiers clients lors de l'ouverture et des revues périodiques. Le compliance officer décide des cas à risque, conseille les gestionnaires, rédige les directives internes et prépare les communications au MROS.
La FINMA doit-elle approuver le compliance officer ?
La FINMA exige que les personnes chargées de l'administration et de la gestion offrent la garantie d'une activité irréprochable. Pour les fonctions de compliance, l'établissement vérifie lui-même compétences et intégrité ; en cas de doute, consultez l'employeur ou la FINMA.
Les sociétés de négoce engagent-elles aussi des compliance officers ?
Oui, les négociants en matières premières de Genève, Zoug et Lugano emploient des spécialistes des sanctions, du contrôle des contreparties et de la lutte contre la corruption, même s'ils ne sont pas tous soumis à la surveillance de la FINMA. Les profils issus de la banque y sont appréciés.